lundi 17 novembre 2008

La nuit avec le pirate



après la nuit chaude qui sent la viande grillée et la vieille balançoire
la barbe à papa
le son des grillons berce toujours ceux qui ont trop chaud pour fermer la fenêtre

partir au crépuscule
emmener des visages des violons
faire peur à des animaux des vieillards et des enfants
qui ouvrent la bouche et ferment les yeux
je pourrais tout aussi bien courir seule
mais avec une main dans une autre j'ai pensé
répandre des particules à deux
par exemple avec un garçon qui raconte des histoires
avec de l'encre sur les bras
toi pirate toi corsaire aux yeux jaunes

Cette nuit la vie est tellement belle
avec les étoiles qui s'embrassent et nous laisseront mourir un autre jour

on reviendra avec les cartes postales dans notre valise
les corps gelés par le vent qui refroidit les rayons du soleil
mais pas encore
laisse moi te raconter la pâte jaune sur fond vert c'est le crépuscule tant de choses se sont passées
tant d'autres pas jamais peut être

le jour se lève

du goudron, de l'eau et du pain d'épices
des cigares
du vent
des chevaux courent
des gens caressent encore des corps mouillés
et on entend
le cri d'amour des liserons
qui rêvent de maisons à la campagne

tu peux tout entendre c'est ton rêve à toi aussi

tu peux même imaginer ta vie comme le tourbillon irisé que laissent les bateaux dans l'eau tu verras
c'est une musique douce comme un zèbre


et je te dirai "Frappe moi fort!"
mais vraiment fort
pour qu'on soit sûrs que c'est bien réel
et je te frapperai aussi
salut je suis vivant!
et on saura ce que ça fait

quand on se dit des choses